L’équation est complexe, du coup, des voix s’élèvent pour fustiger la politique d’EDF qui consisterait à se défausser sur les particuliers de son « obligation morale » de produire de l’énergie renouvelable.
C’est méconnaitre la nature de cette énergie.
L’énergie solaire qui arrose notre planète, est considérable et inépuisable à l’échelle de l’humanité… Hélas, elle est diffuse!
Pour la capter, il faut mettre en place, connecter puis entretenir des surfaces considérables de panneaux solaires. Une centrale solaire conçue comme une centrale thermique ou nucléaire, stérilise à jamais des hectares de terres. Car même si ces installations sont théoriquement démontables, il ne faut pas rêver, les travaux pour stabiliser les terrains et ancrer les installations occasionnent des dégâts considérables aux terres cultivables ou aux zones naturelles… Et comme notre inextinguible soif d’énergie n’est pas prête de s’éteindre !
Comment dans ces conditions la France et plus généralement les pays développés pourraient-ils atteindre leurs objectifs en matière de production d’énergie renouvelable sans stériliser des énormes surfaces de cultures vivrières ou productrices de biocarburants ou d’isolants naturels. D’autant que ces activités constituent des étapes indispensables à la mise en place progressive d’une économie réellement durable.
La réponse saute aux yeux, des surfaces déjà perdues pour l’agriculture se comptent par milliers d’hectares dans notre pays, dont une bonne moitié est correctement orientée. Il s’agit des pans de toitures sud des habitations, des hangars agricoles ou industriels, des bâtiments publics et des parkings.
EDF ou ses pseudo-concurrents peuvent-il intervenir dans un domaine privé aussi morcelé ? Evidemment non ! Cela prendrait des lustres et j’imagine déjà le tollé que cela provoquerait.
La solution consiste donc à encourager/inciter les particuliers à équiper leurs toits, de préférence en intégrant parfaitement les capteurs à la toiture, ce qui permet à la fois d’assurer la pérennité de l’installation et d’économiser l’énergie grise de fabrication de la couverture traditionnelle.
Cerise sur le gâteau, le bilan énergétique de la maison s’en trouve dopé permettant d’atteindre plus rapidement les normes visées d’habitations à énergie positive. Enfin, il ya quelque chose de logique et rationnel dans la production diffuse d’une énergie livrée et consommée de façon tout aussi diffuse.
Quand à ceux qui croiraient qu’il s’agit là d’une mode, je leur prédis que d’ici dix ans que la plupart de nos communes auront des panneaux solaires en quantité sur leurs bâtiments publics, que les premiers parkings couverts de masques solaires producteurs d’électricité verront le jour devant des supermarchés dont les toits seront déjà massivement « photovoltaisés », et que les documents d’urbanismes autoriseront ce type d’installation sur des toitures beaucoup plus proches qu’aujourd’hui des bâtiments classés.
A demain donc !
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