Avez-vous remarqué, comme nous nous sommes habitué à l'instantanéité de l'assouvissement de nos envies. Sans doute pas, tant ce nouveau comportement c’est mis en place insidieusement, sous le fallacieux prétexte de nous simplifier la vie, mais plus probablement, pour optimiser la production des biens de consommation.

 

Si nous remontons ne serait-ce qu’un demi siècle dans le temps, machines à laver le linge, réfrigérateurs et téléviseurs n’existant pas il n’y avait donc pas lieu de les remplacer rapidement.  Admettez que si ces magnifiques appareils, libérateurs de la femme pour certains et asservisseur de l’homme pour l‘autre, n’existaient pas, la notion d’urgence resterait sans doute exclusivement réservées aux catastrophes naturelles et aux problème médicaux.

 

Hélas, disais-je, nous nous sommes habitué à l'instantanéité. L’une de ces merveilles de technologies tombe en panne, vite d’un coup de voiture on se rend dans une grande surface spécialisé et hop, nous voici de retour avec le remplaçant. Et rien ne peut s’opposer à cet incommensurable besoin de consommation :

 

Ø      Pas le temps... il suffit de prendre un jour de Rtt !

 

Ø      Pas d’argent… le vendeur trouvera bien un organisme de crédit arrangeant.

 

Ø      Pas la place pour un engin aussi gros…Il suffit de se rendre dans la grande surface spécialisée voisine pour acheter matériaux et outillages nécessaires aux aménagements.

 

Ce qui m’a fait penser à ça c’est que bien que comme tout le monde, il m’arrive de tomber dans ces travers, surtout depuis l’avènement du commerce en ligne, il y a deux jours, j’ai mis en service, à titre expérimental, le puit provençal que nous avons construit en décembre. Sept mois pour utiliser un nouveau jouet… extraordinaire non…

 

Mais revenons à l'instantanéité. A mon sens le problème essentiel que pose cette quête d’immédiat, est l’agressivité. L’agressivité :

 

Ø      Envers le vendeur qui n’a pas l’article convoité.

 

Ø      Envers le facteur qui n’achemine pas le colis assez vite, envers l’administration qui doit contrôler et re-contrôler les aides et les autorisations qu’elle donne.

 

Ø      Envers les élus enfin qui comptables de l’argent public, doivent peser le pour et le contre, répondre aux besoins de la population actuelle, sans compromettre le bien être de la population future, tout en respectant des règles de plus en plus complexes.

 

L’autre désagrément, si tant est que l’on puisse l’appeler ainsi, est la frustration, en tout cas c’est le cas dans mon rôle d’élu. Il est en effet frustrant, de ne pas pouvoir mettre en œuvre des solutions technologiques remarquables, faute de moyens, de temps, à cause de la législation, ou parce que des problèmes plus urgents, réclament notre attention.  Bien sûr les solutions finissent par émerger, mais à l’échelle de décennies !!!

Alors patience.

 


Publié dans : Provence d'Argens en Verdon - Par Jean-Luc BAUDISSON
Samedi 21 juillet 2007 6 21 /07 /Juil /2007 08:31
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