Il y a une éternité,  je parodiais une fable de la Fontaine sur les rats des villes et les rats des champs, qui traitait de l’incompréhension des autochtones et des néoruraux.

 

Une amie, qui fut elle aussi néorurale en son temps m’a relaté une mésaventure qui n’a pas encore trouvée de solution, mais qui est significative d’un état d’esprit qui semble se répandre. Car tout ne peut pas être parfait, et si certaines choses ne sont pas faites ce n’est pas forcément du à de la négligence d’indigènes nonchalants..

 

Mon amie donc, indigène d’adoption, possède sur son terrain un oratoire. Cet édifice d’ordre privé, a été érigé en son temps par des privés, sur un fond privé, avec des deniers privés  pour rendre grâce à on ne sait plus quel saint dont l’intervention avait, à l'époque,  été perçue par l’indigène propriétaire comme décisive dans la résolution d’un problème de santé ou familial.

Cet édicule, loin d’être délaissé, a fait l’objet au cours des siècles, d’un entretien régulier ; ce qui lui vaut de nous être parvenu en fort bon état. Certes le saint inconnu n’est plus dans son « logement » et aucune vitre, grille ou grillage ne préservait plus l’accès à la niche devenu la cible privilégié de lanceurs de canette.

 

Ce tableau étant tracé, convenez qu’il ne justifie aucunement la création d’une brigade d’intervention,. D’autres édicules en péril mériteraient sans doute davantage que l’on s’occupe d’eux, je pense à la croix de mission ou à l’oratoire du chemin des Grescs sur la route de Saint Maximin.

 

Toujours est-il, qu’ il y a quelques temps, elle a découvert stupéfaite que son voisin s’était permis de bâtir une inestéthique grille (de récupération) sur son bien historique, non sans avoir auparavant garni la niche d’une petite urne. S’agit-il des cendres de son chien ou de celles de sa belle-mère, nul ne le sait. Les rapports désormais très tendus entre les deux voisins, ne permettent pas à l’heure ou j’écris ces lignes d’éclaircir ce point.

 

Par contre, à la maréchaussée, les gendarmes rient, plus  habitués qu’ils sont à recevoir des plaintes pour dégradations volontaires que pour restauration abusive !

 

Quant au rat des villes interrogé sur  ces agissements, il ne comprend rien à tout ça, car c’est habituellement son avocat, « payé à l’année » qui est chargé de réparer ses interventions inopportunes; preuve, s’il en est, que nous ne sommes pas les premiers qu’il vient emm..der.


Publié dans : Bras - Par Jean-Luc BAUDISSON
Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 18:55
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